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  • : Claude Hiquet
  • claude-hiquet
  • : Femme
  • : 02/07/1972
  • : ouest
  • : Lire écrire donner vie aux mots mettre des mots dans la vie
  • : J'ai rencontré Claude Hiquet peu de temps avant... Enfin, je vous dirai tout en temps et en heure. A ce moment là, je travaillais et je travaille toujours à prêter ma plume aux autres. Cela donne ceci : http://www.links-services.net/celine.dutheil/ Par temps gris, il m'arrive de rechercher l'évasion. Parfois, dans mes voyage, je fais d'étranges rencontres. Cela donne ceci : http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=10171 Bref, je vous invite à […]

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Dimanche 30 septembre 2007

11-Coucou-c-est-moi-fille-maxi-1-1.jpg Je pressentais donc bien les prémices de contractions. A voir Curseur, mon bien aimé géniteur, palpiter d'impatience, il était impossible que je ne naisse pas encore... A moins que mon précédent avènement ne soit pas totalement achevé, que devenait donc l'homme aux troubles obsessionnels du comportement tandis que je devisais rageusement avec Main ?

-
« Il se paie ta tête...
-
« Il se paie ma... Pardon ? »

Discret, l'observateur obsessionnel a dû, pour dissimuler son fou-rire, contourner l'infortunée et rentrer dans le magasin. De l'intérieur, il ne peut s'empêcher de suivre l'aventure urbaine. Toujours plantée devant sa voiture, la petite jeune femme s'apprête à ouvrir la portière, en vain, elle est verrouillée... De l'intérieur. Sur le contact, les clefs de voiture attendent sagement leur propriétaire. En porte clef, une grosse et ridicule souris en peluche se balance dans un courant d'air. Elle salue de la main et s'éclate de rire. Sous les yeux élargis de la conductrice étourdie, le nounours cligne insolemment de l'œil ! Dans le pull moulant rouge, deux épaules s'affaissent lamentablement et la tête roule d'avant en arrière, puis de droite à gauche avec un râle étrange. La petite jeune femme opère un demi tour sur elle-même, sans raison aucune, en proie à ce qui s'apparente aux symptômes de la crise de nerfs imminente. Devant elle désormais, se dresse le magasin de bric à brac dont elle sort. La façade rouge offre une vitrine alléchante emplie de bibelots, d'objets de décoration, de boîtes multicolores, de presse-papiers et autres papeteries inutiles mais tellement attrayantes. En arc de cercle au dessus des larges fenêtres, l'enseigne en lettres d' or annonce la couleur : « coup de foudre » . L'air se rafraîchit subitement, les nuages preneurs de girouette-otage noircissent à vue d'œil. Conquérants de la lumière accomplis, ils ont envahi la totalité de l'espace céleste. Un éclair magistral déchire l'horizon, la foudre roule, fracassante, de grosses gouttes percent les armures sombres et s'élancent bientôt en torrent dru vers le macadam des rues Pluviôse et Brumaire. Les bottines s'emplissent d'eau, dégorgent en auréoles boueuses sur le très professionnel pantalon gris, tandis que les côtes de laine rouge se prennent à rêver d'un concours « Miss tee-shirt mouillé ». Les courtes boucles doublent de volume, les petites mains laissent tomber à terre sac et emballage. Elles s'agrippent désespérément aux cheveux rebelles, les ongles si chèrement acquis ramollissent et cassent sous les trombes de la violente averse. La pluie dissimule sur le féminin visage, les larmes de rage. Dépitée, l'infortunée s'assied à même le sol, la tête dans ses bras, réprime un cri venu du fond du cœur. Lorsqu'elle ouvre les yeux, deux mocassins de cuir noir, sortant de deux longues jambes de costume, patientent devant ses bottines, un parapluie s' est ouvert au dessus de sa tête et minimise les dégâts capillaires. Le torrent dévale désormais la rigole d'évacuation des égouts, les feuilles d'automne, détrempées, délavées, sont inexorablement entraînées par le fond urbain.

-  «  Pas votre jour de chance... »

Fait une voix laconique, bien au dessus des mocassins de cuir. Le message se transmet péniblement au cerveau de la jeune femme épuisée. Elle réalise qu'on lui parle, analyse le discours et laisse son instinct profond réagir.

- «  C'est jamais mon jour de chance ! »

Explose t-elle en frappant le sol du plat de la main... Au beau milieu d'une flaque douteuse. Les éclaboussures finissent de maculer sa tenue.

- «  Ce sont vos clefs, là, à l'intérieur ? »

Interroge encore la voix laconique.

- «  Ben non, ce sont celles du tracteur de mon voisin, ça se voit !»

Rétorque la jeune femme entre deux sanglots rageurs. Elle fournit un dernier effort pour éviter un nouveau juron.

- «  Pas la peine d'être désagréable. Tenez prenez mon portable, appelez au moins un garagiste, on ne force plus les voitures avec un cintre aujourd'hui »

- « C'est pour ça qu'on me fait venir ? une vulgaire démonstration de gaffes en séries ? Fallait pas se donner la peine, vraiment ! 

- «Tu remarqueras ma compassion, je t'offre un sauveur, plutôt sympa, prévoyant avec ça 

- « Et quoi ? je suis censée tomber raide dingue amoureuse parce qu'on me prête un portable ? Je te signale que je suis assise par-terre, dans la boue, je suis in-regardable et les giboulées que tu m'imposes risquent fort de générer des courts circuits dans mon univers... 

- « Tout cela n'est jamais qu'ébauche, ton mauvais caractère ne m'aide pas à faire de toi quelque chose de crédible.

- « Merci pour l'ébauche... D'ailleurs, en parlant de ça, c'est bien gentil de tracer une route par-ci, une paire de pompes par là, une flaque de boue, que sais-je encore, mais à l'origine, je suis qui ? 

- « En voilà une question existentielle !

- « La main qui me guide n'est pas Shaekspeare, je ne suis pas le processeur tout puissant, je n'ordonne pas encore au clavier de se mettre en branle tout seul. En bref, je ne crois pas aux miracles, même pas à ceux des nouvelles technologies, donc, il y a bien une origine quelque-part non ? »

- « Patience, patience, prend donc le portable si gentiment prêté 

- « Un jeu de pistes maintenant, bravo m'main, tu fais très fort... »

Par Claude Hiquet - Publié dans : prologue - Communauté : Imaginair - Atelier d'écriture
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