Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Profil

  • : Claude Hiquet
  • claude-hiquet
  • : Femme
  • : 02/07/1972
  • : ouest
  • : Lire écrire donner vie aux mots mettre des mots dans la vie
  • : J'ai rencontré Claude Hiquet peu de temps avant... Enfin, je vous dirai tout en temps et en heure. A ce moment là, je travaillais et je travaille toujours à prêter ma plume aux autres. Cela donne ceci : http://www.links-services.net/celine.dutheil/ Par temps gris, il m'arrive de rechercher l'évasion. Parfois, dans mes voyage, je fais d'étranges rencontres. Cela donne ceci : http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=10171 Bref, je vous invite à […]

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Dimanche 30 septembre 2007

img-95-0-1.jpg La jeune femme se relève et découvre le corps que portent les pieds sortis du costume. Lorsqu'elle est debout elle n'atteint pas encore le menton de l'homme. Il est plus grand qu´elle de 30 bons cm. Large d´épaules, le buste un peu en avant, il porte un pull de laine noire sur une chemise assortie au pantalon. Son visage en longueur, le teint assez blanc, il paraît d´une quarantaine d'années. Il porte les cheveux dans la nuque et commence à grisonner. Il contemple, hilare, la mine défaite de la petite jeune femme et lui tend son téléphone portable. La jeune femme s´éponge de son mouchoir trempé, laisse échapper un hoquet malheureux, accepte le téléphone, piteuse. Elle compose le numéro de mémoire.

- « Monsieur Boité ? heu...oui, Claude Hiquet à l´appareil...voilà j´ai...j´ai encore fermé ma voiture avec les clefs sur le contact

- « C´est la troisième fois en à peine 2 mois, vous le faites exprès ? où êtes vous ?! ».

Le garagiste hurle dans le combiné, suffisamment fort pour partager sa colère avec l'entourage direct de Claude. Les mocassins se tordent, cherchant une attitude, l'homme aussi, hésite entre la pitié et le rire incontrôlable.

- « En centre ville devant le magasin coup de foudre ».

La foudre roule à nouveau et la pluie redouble

- « En centre ville ! mais vous savez l´heure qu´il est ? »

Vocifère le garagiste. Claude Hiquet essuie la buée de son cadran de montre, il est 16h30. Dans 20 petites minutes, le centre ville ne sera plus qu'un long cortège de voitures, un labyrinthe de rues embouteillées.

- « Bon, j´arrive mais...dans une bonne heure

- « Merci, vraiment, je vous attend au café en face du magasin ».

Elle raccroche, regarde le propriétaire du téléphone, résignée :

- « Vous permettez que je passe encore un coup de fil ? »

Les mocassins noirs n'ont pas fini leur course ultime mais pour une fois, le corps de leur hôte, plus léger, semble beaucoup s'amuser. Pour le coup, les pieds sont moins gonflés, moins empreints de sueur, quoi que très humides sous l'averse. De nouveau Claude compose un numéro de mémoire.

- « Mon chéri ? Heu...je vais être en retard »

On lâche un soupir dans le combiné. Claude reprend

- « J´ai un petit problème avec la voiture...ne crie pas s´il te plaît...oui je sais, tu n´as pas les clefs...moi non plus, c´est ça le problème...Oui, la préparation du mariage mais... Bon, j´arrive dés que possible »

Un bruit sourd dans le combiné conclue la conversation. « Mon chéri », très agacé, a raccroché.

- « Il faut que ça s´arrête, je vais finir par divorcer avant même d´être mariée ! »

Angoisse Claude Hiquet. Elle rend le téléphone à son propriétaire, feint de ne pas voir les grimaces de son bienfaiteur, prêt à exploser de rire. Il reprend le téléphone veut réconforter la petite jeune femme.

- « Allez ! demain est un autre jour...Tout de même, vous êtes impayable, un roman à vous toute seule !»

Il part en riant franchement. Claude reste piquée debout sous les trombes d´eau, songeuse.

- « Un roman ?... »

Sur le porte clefs, la souris en peluche cligne de l'œil, droit cette fois. Claude sursaute, pivote brusquement sur elle même, rentre décidée dans le magasin, dépose le paquet ruisselant sur le comptoir, s´enfile dans le rayon papeterie, se saisit de plusieurs blocs de papier, d´une boîte de stylos, fait dégringoler au passage l´étalage des enveloppes, retourne vers le comptoir, écrase la patte d´un chien qui fuit en hurlant, paie sous le regard médusé des commerçants et sort. Elle traverse la route, entre dans le bar.

- « Allo ? Allo ? Hé Ho, du bureau ? m'entend-on ? »

Non, il n'y a plus personne, comme d'habitude... Tant pis, je laisse tout de même mes réclamations. Je me suis faite avoir une nouvelle fois. J'attendais la lumière, la vérité sur mes origines et je tombe en plein remake de « la belle et la bête », version, « Le beau et l'andouille ». Voilà qu'un bellâtre se paie ma tête, juste histoire de se défaire de ses propres affres. M'main le dit prévoyant, compatissant, je la crois, convaincue de sortir enfin de cette flaque de boue, je prends le portable des mains du bellâtre et... Et je m'enfonce, enfin... On m'enfonce un peu plus, (merci m'main), dans le ridicule et l'humiliation. Téléphoner à M. Boité, mécano de son état, quand on s'appelle Claude Hiquet, très drôle, vraiment ! Si je ne craignais pas tant les courts-circuits humides, je me laisserais aller à quelques larmes de rire...

Et ce magasin : Coup de foudre... Là, m'main fait vraiment dans le n'importe quoi. A quoi bon une vitrine en coup de foudre puisque je suis... presque mariée ?!

Alors là, non ! Je ne suis plus d'accord, plus d'accord du tout. Comment puis-je accepter de me marier sans connaître les tenants des aboutissants ? Je veux savoir qui, comment, quand, pourquoi et jusqu'à quand je suis !

- « Oui, oui... ça vient, ça vient, pas la peine de nous faire un roman »

- « Te voilà enfin ! Et comment, je vais en faire un roman, des tonnes et des tonnes de pages, de brouillons, de lignes, de mots, de ratures et de bugs en tout genre ! Et puis c'est pas tout, et les droits d'auteurs ? J'ai un copyright au moins ? Je veux un cyberavocat ! »

- « Tu veux, tu veux, je te rappelle que c'est moi qui décide ici. Un peu de patience, laisse moi respirer, que je me regarde écrire, se faire attendre c'est se faire désirer, patience est mère de sûreté etc. etc. »

Et voilà mon quotidien, celui d'une tache d'encre échappée d'une cartouche éclatée dans le corps d'un stylo à plume. Comment je me suis portée à l'écran ? Je n'en sais rien, je laisse Curseur, M'main, Clavier et toutes ces pauvres ondes impuissantes assister, encore et encore à l'accouchement de mon être. Il fait bien noir ici, c'est bien froid aussi.

- « Mais... Mais que se passe t-il ?... Tes jambes, ta robe... »

ça y est ? ça recommence ? déjà ? quelle étrange variante...

- « Mais... Tu perds les eaux ! Vite, vite ! »

- « Oui, oui... Doucement les mouettes, on est pas aux pièces ! De l'eau maintenant, j'ai pourtant averti des risques encourus avec l'eau, gare aux courts-circuits. Finalement, je crois que je préfère l'encre. En bleu, je suis au moins une trace... Allez curseur, mon bien aimé géniteur, au travail, chasse ton bourdon, met de l'eau dans ton vin, accouche moi, encore...

 

Par Claude Hiquet - Publié dans : prologue - Communauté : Imaginair - Atelier d'écriture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus