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Profil

  • : Claude Hiquet
  • claude-hiquet
  • : Femme
  • : 02/07/1972
  • : ouest
  • : Lire écrire donner vie aux mots mettre des mots dans la vie
  • : J'ai rencontré Claude Hiquet peu de temps avant... Enfin, je vous dirai tout en temps et en heure. A ce moment là, je travaillais et je travaille toujours à prêter ma plume aux autres. Cela donne ceci : http://www.links-services.net/celine.dutheil/ Par temps gris, il m'arrive de rechercher l'évasion. Parfois, dans mes voyage, je fais d'étranges rencontres. Cela donne ceci : http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=10171 Bref, je vous invite à […]

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Génèse

Lundi 15 octobre 2007
d--ferlantehurlante.jpg Les pieds dans les étriers et la tête proche de l'implosion, les mains broyeuses définitivement grippées sur leurs dernières victimes, les mains broyées d'un inquiet géniteur, tel fût le premier décors posé pour une naissance imminente. Un ciel chagrin toute la journée, une température infernale, le stationnement soudain de nébuleuses noires au dessus de la clinique, voilà pour le climat. Serait-ce une fille ou un garçon ? A cette heure on ne se pose plus la question, on l'appellera Claude, c'est écrit, prénom androgyne, pour éviter les quiproquos. Surnom : Claudine pour une fille, Claudo pour un garçon. Son patronyme, c'est vrai, personne n'y pensa, ni avant, ni après. Hiquet, 3è du nom, Claude Hiquet, donc, prédestinée à venir au monde avec les pieds creux. On appellera pédiatre, dans un premier temps, le savant génial et inventeur des bottes à pieds creux, en vieillissant, il prendra le titre d'orthopédiste.

Mais quel est ce tremblement ? De terre ou de ciel, rien ni personne ne l'ignore plus, les éléments se haïssent en ce printemps tardif. Les eaux débordent et les fleuves sortent de leurs lits, les terres rentrent les épaules craignant que le ciel ne leur tombe dessus, les ondes s'affrontent en haut lieu, première étincelle, faute de poudre, c'est le feu qui prend de suite au dessus des villes et campagnes. Les nébuleuses, en mouvement spontané, s'entrechoquent, roulement de cymbales, éclair, terrible, luisant, déchire l'univers, frappe les cimes des arbres, les branches, les premiers toits, ricoche sur on ne sait quoi et percute de plein fouet les vitres médicales de la clinique.

 

Ainsi naquit Claude Hiquet, déboulant de cette inexplicable décharge, dans la salle de travail, heurtant les étriers de ses pieds creux et surprenant sur la page blanche, un curseur impuissant mais décrété bien aimé géniteur.

 

L'avènement électrise la maternité toute entière. Dans la pouponnière, la jeune classe hurle en concert, soulignant son intérêt premier pour l'un de ses semblables. Les bras maternels et puériculteurs bercent, chantent, tètent, changent, sortent, reviennent, fatiguent, pleurent, c'est la fête des mères alors on apporte des fleurs, on adoucit les mœurs de tout ce qui passe pour être couleurs. L'harmonie intègre peu à peu les lieux. On décide pour conclure l'œuvre magistralement orchestrée, d'emmener Claude faire le tour des berceaux, le temps de rafraîchir les mains broyeuses de sa douce maman, illustratrice de talent, à ses heures perdues, légataire à son enfant, de sa passion pour les pinceaux et palettes vives. Claude Hiquet hérite dés ses premières heures d'une touche impressionniste, venant au monde tachée de son et dotée d'une rayonnante chevelure, orange. Les locataires des bulles l'accueillent avec des sourires moqueurs, à défaut de fou-rires néo-natals. Claude Hiquet fomente vengeance. A peine sortie des bras puériculteurs, elle exprime avec virulence et force décibels son refus tout net, d'accepter quoi que ce soit, désormais, venant de l'extérieur. Elle rejette jusqu'au lait maternel, déclenchant pour le coup, le tout premier choc pédiatrique. On penche sur la poupée de son et de feu, les stéthoscopes méticuleux de tout le corps savant. On décrète une anorexie du nourrisson et on arrache aux mains impressionnistes mais non moins maternelles, l'enfant venue du ciel en colère. En nourrice, Claude Hiquet passe ses sept premiers jours de création : six jours à refuser tout élément extérieur, à se défaire de l'intérieur, à dépérir, à pétrir les nerfs déjà mis à rude épreuve d'une périssable nourrice, à piétiner dans le vide, à battre l'air de ses pieds creux... Le septième jour... Elle se repose. Le silence est d'or, propice à la réflexion, le corps savant se penche un peu plus, retrousse ses babines de chercheur fou, inspecte sa nouvelle proie cobaye et teste sans conscience des conséquences l'E.N.H.I. (Enfant Hurlant Non Identifié). Claude Hiquet, prédestinée à naître avec des pieds creux, devrait aussi sourire jaune, de ses futures quenottes, définitivement empreintes des traces indélébiles d'un inutile antibiotique anti inexistante anorexie.

 

La poupée de son et de feu rendue à sa mère, la sinistrose stoppe net son avancée en territoire ennemie. On constate, avec force analyse et synthèse médicale, qu'il n'est rien de meilleur pour rosir encore les petons creux, qu'une cure de carottes mixées. La maternité se tord de rire, le corps savant, le rouge au front, s'éclipse. En cuisine, on pèle, on lave, on cuit, on mixe orange la soupe miraculeuse. Dans un fût de verre rutilant et surplombé d'une appétissante tétine, on amène le précieux liquide, on en gave l'enfant, tant et si bien que de la tête aux pieds (creux), en passant par la chevelure flamboyante, Claude Hiquet, de plaisir, vire du vert au roux et ingurgite sans dégurgiter sa semaine de carence alimentaire.

 

Ainsi naquit Claude Hiquet, une nuit d'orage, avec les pieds creux, les cheveux rouille et le sourire jaune.

- « Et c'est moi ça ? multicolore, limite handicapée, déferlante hurlante...

- « Déferlantehurlante, mot compte triple, tu m'ôtes l'écrit de la plume, je te cherchais un qualificatif justement

-
« Mais que veux tu que je devienne avec une trombine pareille, colère à moi toute seule à peine sortie de la page !

- « Mais non, pas colère, aimable, les carottes ça rend aimable

- « Je suis...

- « Tu es Claude Hiquet pour que ça cloche parfaitement avec le scénario

- « Riez, riez... »

Par Claude Hiquet
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Lundi 15 octobre 2007

calamit--.jpg Je sèche. Je dégouline. Les restes de la précédente averse se sont pendues à ma fierté capillaire et agonisent dans les noeuds coulissants de mes boucles tristes et détrempées. Claude doit m'attendre sur le parvis de l'église. Il est la raison, ma raison d'être, il est sage, il est ma sagesse mais... Il a tendance à partir avec, me laissant seule et dépourvue de toute rationalité. Le garagiste doit pester dans les embouteillages à cette heure et je ne sais plus que faire de mon café noir et froid. Page blanche, j'angoisse.


- « Mais... mais que se passe t-il ?

- « Quoi, qu'est ce que j'ai ? !
-
« Ma table ! ma jolie table de bar ! Votre plume bave tout ce qu'il sait ! Non mais regardez-moi ça ! Vous avez baptisé mon marbre blanc d'encre bleue ! 
-
« Baptisé...


- « Ça y est, ça recommence... Je m'appelle Claude Hiquet... Riez, riez... Baptême donc »


 

Un dimanche 14 juin, la lumière prend une religieuse récréation. De pétale en pétale, elle effeuille la rosace du vitrail principal, sous la course régulière et éternelle des lames d'orfèvres du religieux cadran. Le clocher domine sur la rue Pluviôse. C'est jour de fête alors le bourdon, éternel suicidaire dans sa parure de bronze a pendu son cafard à la corde, légère et flottante ce matin de soleil, fière d'être le bras droit d'une mécanique millénaire, ignorante sans doute de son prochain destin de curiosité touristique. Dans quelques trente années, l'ère numérique tiendra la vedette et se déréglera avec régularité, sonnant le tocsin pour les épousailles, l'angélus pour l'aube et le carillon pour l'alarme. Aujourd'hui, le bourdon, dépourvu de cafard, donne le la de la danse des matines « ding ding dong », rythme le pas des noceurs du premier jour et concurrence le chœur des montres à gousset des aieux, sorties pour l'occasion et fièrement brocardées aux poches des gilets. Les nuages et leurs ombres menaçantes n'en sont qu'au balbutiement en matière de technologie météorologique. Leur tentative terroriste a échoué. Le soleil, défenseur d'or et de ciel bleu, demeure invaincu dans l'histoire climatique et décerne son rayon d'honneur au cadran solaire. Il est 10h, horaire astral et les premiers souliers vernis, arrivés de la rue Brumaire, atteignent en chahutant les pavés du parvis de l'église. Ils sont bientôt suivis de raisonnables mocassins beiges, lacés de boucles sages, dévoilant à peine les chaussettes dépareillées des mollets étourdis. Un rien rigides, mais soignés, distingués, nobles jusque dans la sobriété de la tenue des chevilles délicates, les talons aiguilles forcent le respect du piétinement général. Chacun se range, deux à deux, équilibre des hôtes piétons oblige, au passage de ce cortège si féminin. Les pavés sont disjoints, le sol mesquin, la loi de la gravité sans appel, les chevilles tordent, penchent, esquivent la foulure et se redressent, droites sur les talons aiguilles. Le piétinement général s'agite un instant, comme secoué de spasmes incontrôlés avant d'esquisser quelques pas de secours, généreux et flatteurs mais tout à fait inutiles : les talons aiguilles conservent leur stoïcisme jusque dans le burlesque, pas de casse, pas de cris, pas de plainte, à peine un morceau de cuir prisonnier du pavé, agile pas de deux et tout revient dans l'ordre. On se range à nouveau de chaque côté du portail pour l'arrivée de deux petons à peine sortis de leur boîte en carton. Deux petites chaussures, taillées sur mesure, cirées, lustrées, appliquées à marcher droit, empêchent rigoureusement la bagarre incessante de deux pieds d'enfant, belligérants depuis l'époque fœtale. Le « Te Pedeum », sonné l'avant veille sans doute, intime la paix provisoire. Ce matin de soleil, les deux pieds d'enfant endossent un rôle solennel, il leur faut ouvrir la marche au devant d'une sainte ascension. Loin au dessus d'eux, bercés dans les bras d'une mère émue, les pieds creux d'un ange rose dépassent de leur robe blanche.


- « Ange rose et va nus pieds, on progresse, je suis née après l'ère minitel et tous mes compatriotes portent des chaussures, c'est une bonne nouvelle, enfin je l'espère.... »


 

Ils arrivent, solennels, lavés de tout orgueil et sans doute de tout péchés, calmes et blancs, offerts à l'air du jour, maîtres incontestés sur le marbre du lieu saint. Les P.P. (Pieds du Père), guides de toute sainte ascension, paisibles, posés bien à plat sur d'humbles semelles, à peine retenus de lanières fines, déplacent avec précaution les pans d'une aube cléricale, fraîchement sortie du pressing. La lumière a fini d'effeuiller la rosace et enfermé dans son prisme les éclats primaires des vitraux Saint Pierre. En arc de cercle, elle disperse, claire et généreuse, ses paillettes d'or et d'argent au dessus d'une poignée d'âmes chaussées, portant sur les fonds baptismaux un...


- « Un ange rose et va nus pieds qui n'a rien demandé à personne jusqu'à preuve du contraire, on va commencer à le savoir ! 

- « ... Un ange rose et va nus pieds en effet, que rien n'oblige à dormir dans les bras de sa mère émue, si ce n'est la loi de la gravité. Que faiblissent les bras puériculteurs et rien ni personne n'entendra plus parler de Claude Hiquet

- « Admettons... »

 

Un ange rose s'avance donc, sur la nef centrale, tandis que s'éparpillent les convives, à grand bruit de bancs et chaises déplacées, dans les rangs austères mais fleuris pour l'occasion. Les retardataires devront se contenter des pries-dieu des chapelles sombres. Pour le coup, les genoux des pantalons de costumes connaissent leur premier banc d'usure, au grand réconfort des pieds, échauffés d'avoir battu le pavé du parvis.

Le silence est d'or, s'étend sur l'assemblée, à l'heure où la lumière, tombante soudain, dévoile au dessus des chausses, les pantalons, les chutes de robes longues, les fraîches gambettes, nues sous les mini-jupes, les tailles coquettes et ceinturées, les torses bombés ou avantagés, les nuques cravatées, parées de colliers de perles, les visages, pâles ou hâlés, natures ou fardés, graves ou souriants, poupons, adolescents, adultes, vieillissants, ridés ou savamment liftés, éclairés d'un regard parfois, trahissant bien souvent l'appréhension d'une longue et fastidieuse cérémonie.


- « Fort heureusement, l'ange rose ne lit ni n'entend. L'énumération, toute littéraire soit-elle, ne lui aura pas coupé le souffle... »

 

Un souffle s'engouffre par le portail laissé ouvert, une tourterelle s'invite au baptême, d'un battement d'ailes, elle rejoint la chaire du père et s'y perche sans crainte aucune. Trois moinillons gris ont profité de la diversion pour s'aventurer au bas de l'église et picorer les grains de riz jetés la veille au dessus d'un couple d'enfants qui voulaient devenir adultes. La lumière, distraite, frissonne, jetant alentours ses dernières paillettes, aussitôt recueillies par les volatiles avares de tout objet brillant.

Le père accueille la mère émue et la robe blanche où s'agite un ange rose, battant l'air de ses pieds creux. Le bourdon termine sa thérapie. Il laisse aux clochettes de cuivre le soin de retentir, vives et rapides, acclamant l'entrée solennelle d'un ange innocent au panthéon des bien pensants. Chantent les orgues, les chœurs, sonnent les hautbois, résonnent les musettes, chevrotent les voix sans âge, promesses d'éternité de la chorale paroissiale.


- « Des canards après les moinillons, bravo ! »

 

L'église est un monument creux, les statues de plâtre et les pieds de l'ange rose aussi, les cantiques s'enlisent, l'écho de l'ennui bourdonne, la scène est monumentale. Le père est un saint guide. Il prend pitié de ses ouailles, du haut de sa chaire, désigne la tourterelle, les moinillons, les canards, la lumière discrète entre les colonnes de l'autel, étend la main au dessus de l'ange rose, tire quelques larmes des yeux de la mère émue, évince, consciemment ou non, trois petites tâches d'ombre, glissées à l'insu de tous, au pied de l'autel, juste au dessous des pieds de l'ange. La lumière regrette soudain d'avoir perdu ses dernières paillettes, convaincue d'avoir affaire à celles que l'on aura omis de convier aux réjouissances : les calamités.


- « Qu'est ce encore que ça, des calamités
- « Calamités, du latin calamitas, se dit du Tout grand malheur public ou de l'infortune... »

 

Les calamités sont offensées. La lumière tremble derrière ses colonnes de marbre, la tourterelle s'est enfuie, les moinillons gris progressent dans la nef, attirés sans doute, par les jeux d'ombre et de lumière. Rien ne saurait troubler, pourtant, la félicité d'un ange rose, prêt à s'éveiller alors qu'on le penche au dessus des fonds baptismaux.


- « Renoncez-vous... » tremble la voix du saint père

- « Aux félicités ! » chuchotte l'une des calamités, si bas que personne ne l'entend et...

- « Nous renonçons ! » promet l'inconsciente et sage assemblée. L'ange, comme averti d'une mauvaise trame, s'éveille, rougit, émet son premier cri.

- « Renoncez-vous... » reprend la voix paternelle

- « A la sérénité ! » risque la seconde calamité, si petite que personne ne la voit et...


- « Nous renonçons » promet encore l'assemblée, obéissante à l'assentiment de la mère émue. L'ange, rouge écarlate, hurle et diffuse son tout premier parfum... Rose...

- « Renoncez-vous... » invective la voix, sainte, masculine, convaincue et convaincante

- « C'en est assez ! » s'exclame alors la lumière, ébouriffée d'éclats éparses des couleurs des vitraux Saint Pierre. A l'éblouissement général, la gerbe lumineuse se libère des colonnes de marbre, s'élance dans le vide et retombe en arc en ciel sur la dernière calamité qu'elle écrase de sa toute puissante décompression prismique.

- « Catastrophe ! » s'épouvantent les deux calamités survivantes. Effrayés par l'étrange rayon, trois moinillons gris s'envolent et se sauvent par le porche de l'église.

L'assemblée, aveuglée, déconcentrée répond un vague et inaudible « nous renonçons ». Au dessus du clocher millénaire, veille l'Eternel, dans l'attente de son nouvel angelot. Nul doute qu'il n'aura rien entendu, déjà indisposé par l'étrange et non moins infernal parfum de son futur hôte terrestre, fait à son image cependant. La mère émue, un rien gênée, soudain, face aux effluves d'un pot pourri émanant de la robe blanche de son ange cramoisi, feint de suivre la cérémonie. L'assemblée des premiers rangs étouffe quelques rires. Pour dissiper la confusion, on allume un cierge. La lumière se concentre sur la flamme mais... Pas de félicité, plus de sérénité, le destin de l'ange au court bouillon est scellé pour ainsi dire.


- « Oui, enfin, pas tout à fait... Permettez ? »

 

Qui ose ? l'Eternel intrigué lève un céleste sourcil, le prêtre lève une main prolongée d'un goupillon, la lumière décoiffe la flamme, étincelles, la tourterelle revient se percher en chaire. Au dessus du calvaire, une étoile scintille en désordre.


- « La bonne étoile ! Enfin ! Z'êtes en retard ! » grommelle l'Eternel, ravi pourtant, d'avoir voix au chapitre, devançant à ce moment de l'histoire, le saint marque page et curseur son acolyte.

- « Navrée l'éternel, colloque des super nova, je pouvais pas rater ça

- « Oui, oui, épargnez nous les commentaires et filez à l'autel, on vous attend »

 

La bonne étoile, marraine intérimaire de l'ange rose odorant, s'accroche au jeu de clefs du Saint Pierre vitrail et s'applique à renverser la vapeur noire des calamités. Le goupillon fend l'air une première fois.


- « Croyez-vous... » interroge le maître de cérémonie

- « à l'inversion » souffle la bonne étoile interrompant les calamités

- « Nous croyons » entonne l'assemblée

- « Croyez-vous... » poursuit le prêtre

- « au sommeil réparateur » intervient promptement la bonne étoile

- « Nous croyons ! » affirme l'assemblé

- « Croyez-vous... » insiste le religieux

- « A ma sainte balayette » ironise la bonne étoile, renvoyant pour un temps, les calamités à leurs chères poussières

- « Nous croyons » répète l'assemblée, scellant pour de bon l'angélique et rose destinée

 

La scène se fixe un moment dans l'arc de lumière, à présent blanchi de toute coupable impuissance. Une dernière ombre couvre le clocher millénaire, les vitraux Saint Pierre, l'autel, le prêtre, l'ange, la mère émue et l'assemblée chaussée. Eclair, tonnerre, l'Eternel est en colère.


- « Qu'est ce que c'est que ce Baratin de potache ! ? Où vous croyez-vous la bonne étoile ? Chez Harry Potter ?

- « S'cusez l'Eternel, pas eu le temps de réviser mon bréviaire, j'ai improvisé...

- « Expliquez...

- « Oui... Heu... Bon. L'inversion pour récupérer un temps soit peu de félicité... Le sommeil réparateur pour une sérénité au moins nocturne... Ma sainte balayette pour intervenir en cas de calamités impromptues... Voilà, un peu d'imagination, faites un geste l'Eternel !

- « Va pour l'imagination, adjugé, baptisé ! » Conclue l'éternel soufflant sur le bras du prêtre qui abat le goupillon, une dernière fois, au dessus de l'ange rose aux pieds creux. Chantent les orgues, les chœurs, sonnent les hautbois, résonnent les musettes, chevrotent les voix sans âge, promesses d'éternité de la chorale paroissiale. La tourterelle s'élance à nouveau, prise dans l'appel d'air du portail ouvert, les moinillons gris se sont dispersés, les calamités sont poussières sur le parvis, piétiné à présent par les chausses enchantées de l'assemblée délivrée. angelots.jpg


- « Dois-je réellement commenter cette foire ?

- « Non, pas la peine

-
« Tout de même, m'main, que dois-je faire d'une paire de calamités, d'une bonne étoile et d'un Eternel en pétard ?

-
« Veille et devient veilleur...


-
« C'est malin !

-
« Un peu d'imagination, te voilà baptisée, tu voulais un nom, une histoire, alors...

-
« Alors... Ainsi baptisa t-on Claude Hiquet, riez, riez, un dimanche 14 juin, dans une religieuse récréation d'ombres et de lumière... »

 

Voilà, c'est comme ça que j'ai commencé d'exister, en dégoulinant d'un plume hors d'âge, victime d'une averse meurtrière, (et l'on parlera de dégâts collatéraux...), bref hors d'usage, se vidant de son encre sur le marbre d'un troquet, à l'heure où, curseur, mon bien aimé géniteur, dormait encore sans doute, ignorant (le bienheureux) des dernières trouvailles de la main qui me guide. A coup de goupillon, on a ouvert la porte de mon monde virtuel aux vers, aux spasmes (ou spams, je n'ai jamais su distinguer les uns des autres), le tout regroupé, si j'ai bien suivi, sous le nom de « Calamités ». Je veille, depuis, sous les conseils d'une main pieuse, en vain, puisque toute veilleuse que je suis, jamais, jamais, je n'ai aperçu ni ressenti les bienfaits de ce qui devrait me sauver : l'énigmatique bonne étoile.

- « Sans doute n'as tu pas encore trouvé la lumière, un peu d'enseignement pour mémoire, je ne suis pas ta carte mère, mais en son nom, je te somme de rejoindre les bancs de l'école...

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Par Claude Hiquet
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Lundi 22 octobre 2007
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C'est la rentrée. Une rentrée très 70's. L'interminable trottoir, couvert déjà, de feuilles à la mort dorée, se jonche aussi de sandales à pâquerettes, de tongues à papas cools, de bateaux bleus pastel, verts parfois, dont les lacets de cuir serviront sans doute de canots de sauvetage aux ampoules à venir. Au cœur de ce trafic piéton et bariolé, de tous petits mocassins, de toutes les couleurs eux aussi, des rangées de souliers vernis derniers cris, arpentent le bitume, tantôt maladroits, tantôt sautillants, tantôt fiers d'une démarche très assurée. Quelques uns recueillent les auréoles salées des larmes, suivant cahin-caha le rythme imposé des tongues à papas cools. Seuls deux petits pieds adoptent un pas robotisé, un rien honteux. Sortis d'une usine inconnue, loin de toute mode « yé yé & Cie », les deux petons connaissent l'enfer de la rentrée depuis leurs tous premiers pas. Victimes de leur entêtement à ne rien faire comme les autres, ces deux indociles ont refusé le contact froid et obligeant du sol, brisant, quelle infamie, la loi sacrée de l'apesanteur. Parce qu'ils ont tenté de prendre de la hauteur, entraînant une innocente enfant à se mouvoir sur la pointe de pieds, on a voulu les corriger, à défaut de les punir. Les voilà prisonniers de chausses lourdes et droites, faites de cuir dur, ne laissant aucune liberté, surtout pas celle de se prendre pour l'apanage d'une danseuse étoile ou, pire encore, pour un porte manteau. Pour les petons sans forme, il n'est d'autre issue que de marcher, droit, sur tous les appuis, notamment ceux de l'inexistante voûte plantaire. L'auteur de la barbarie ? Le bon podologue, adoré de l'innocente enfant, pour offrir une fois par moi, la liberté de se mouvoir sans chaussures, sur un drôle de tapis roulant. Il regarde le pas rebel, juge, évalue, fait monter l'enfant sur une vitre réfléchissante, lui chatouille ses pieds creux en traçant les courbes de la prochaine paire de chaussures orthopédiques. La minuterie médicale fait son métier de coûteuse horloge : elle sonne, elle estime, elle enregistre les honoraires astronomiques du spécialiste du redressement pédestre. L'innocente enfant rechigne un peu, on connaît sa gourmandise, on lui offre une sucrerie, elle cesse de geindre et remet ses atroces chaussures.

Ce matin de rentrée, Claude Hiquet connaît les premières coquetteries féminines et remarque avec effarement sa différence. Dans le flot discontinu des tous petits souliers, elle n'est plus qu'une paire hideuse de vilains petits canards.

Dans leur coin, les calamités ricanent, savourant leur toute première victoire. La bonne étoile dort, du sommeil du juste.

 
- « Je m'en vais te la réveiller moi, la bonne étoile, et fi ça encore ! Eh ! Oh ! L'astre stellaire ! qu'est ce que tu attends ? Que je te déballe la constellation rouge ?

La tourterelle revient se percher en chaire. Au dessus du calvaire, une étoile scintille en désordre.

-
« Non, non, ça c'était il y a trois ans, ainsi baptisa t-on Claude Hiquet, riez, riez etc... Depuis curseur s'est fait la main, la main se serait bien fait la malle et pendant ce temps là, je piétine coincée dans d'horribles godillots


- « S'cusez, permettez que je me remette, pas évident de dormir du sommeil du juste au fond d'un trou noir, c'est que c'est bruyant un trou noir, et dangereux avec ça...

-
« Oui, oui, une autre fois la bonne étoile... Voilà, ça y est, je deviens dingue, je parle à une étoile

 


- « Pourquoi pas ?

-
" Pourquoi pas ? ! Parce qu'une bonne étoile, passe encore, mais une étoile qui pionce à longueur de temps et qui débite des énormités à chaque lune, je savais que M'main en avait un petit grain mais tout de même...

-
« D'accord, d'accord, première leçon donc, histoire stellaire "

Par Claude Hiquet
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Lundi 22 octobre 2007

    labonneetoile.jpg C'est une histoire de gamelle où le ciel joue son rôle, infiniment grand, juste au dessus de l'infiniment petit. Il est 13 heure juste au cadran du clocher de l'église dominant sur les rues Pluviôse et Brumaires. Non loin de là, la rue de l'Escapade débouche sur le chemin des écoliers. Deux écoliers justement, ont pris la clef des champs, choisissant d'abandonner cartables et cahiers pour aller faire trempette dans les vagues bleues de ce début d'été. L'astre solaire est frileux, le fond de l'air garde en mémoire les frasques d'un printemps capricieux, qu'importe, deux paires de godillots vivent la brutale exclusion de leur monde de petons indociles. Deux paires de pieds s'exhibent sans contre-façon au grand dam des palourdes et autres fossiles tout autant conservés que conservateurs. Au diable les pavés des rues édentées, au diable les danses militantes et les matraques. L'innocence de l'enfance ne sait pas encore qu'on se permet d'interdire l'interdit. L'innocence de l'enfance s'en fout finalement. Tandis que leurs jeunes parents, défendent l'avenir qu'ils tiennent pour acquis, les joyeux marmots caressent la plage de leurs pieds roses et libérés des godillots, se roulent dans les mares, prennent leurs pieds, au sens propre comme au sens figuré, l'apanage de l'enfance que la souplesse du cœur et du corps ! C'est la période la chasse aux crabes cachés sous les pierres à chevelures d'algues, alors les galopins deviennent apprentis archéologues des fonds marins à marée basse. Les petits crustacés s'enterrent, les doigts s'enlisent, s'agrippent, s'écorchent, les pieds, point d'amarre et d'équilibre des postérieurs dansant au raz de l'eau, sont enfouis dans la vase, la quête des bébètes à pinces s'avère longue et fastidieuse. Pataugeant, babillant, les baigneurs en herbe se dandinent, les fesses humides, les cheveux fleurant bon le sel marin. La scène est touchante, les premiers gardes-côtes écrasent une larme derrière leurs jumelles. C'est l'instant rêvé pour l'improbable catastrophe. Les calamités sont à peine dans leur prime jeunesse, encore au nombre de trois. En pleine errance pourtant, à la recherche de la victime idéale, elles interceptent le langage codé des crabes effrayés et des pierres au supplice de ces doigts qui tirent sur leurs cheveux d'algues. Par jeu ou pour entraînement, les calamités s'immiscent dans les carcasses des crustacés en mue et s'investissent pourfendeurs de justice en faveur des pierres chevelues et des crabes pourchassés. Une étoile de mer, alanguie sous une fine couche de sable, étire ses tentacules avec nonchalance. Elle se prélasse dans les reflets d'or des vaguelettes, savoure la cour de l'astre solaire, sait comme il est bon de se faire attendre de l'amant éperdu. Pour se donner sous son meilleur jour, elle attise encore le feu des rayons ultra violets, son bain chauffe doucement tandis qu'elle digère sans hâte les mollusques pris au piège de sa gourmandise et se pare de leurs coquilles. Quelle fin tragique que celle de l'étoile de mer, victime à la fois des calamités et du poids de deux écoliers tombés sur leurs derrières. Les calamités, envenimant la vengeance des pierres à chevelures et des petits crustacés, ont saboté l'équilibre des petons indociles, enduit les algues de leur fiel glissant, animé les pinces par trop inoffensives, des pires intentions. Sur une tignasse verdoyante, les enfants ont glissé, basculant un instant pour retrouver leur équilibre, en vain, la main tendue au compagnon de plage s'est trouvée piégée dans une patte de crabe, un cri, une pierre bancale ont fait le reste et deux bambins sont partis à la renverse, chutant de tout leur poids sur le coeur d'une étoile de mer amoureuse du soleil. L'astre vivant, mortellement blessé, a révélé, du fond de ses plaies, les pierres précieuses, éclats d'un vieux fossile savamment décortiqué. Les écoliers, trempés de la tête aux pieds, les genoux écorchés, ont versé quelques larmes sur leur première blessure de guerre, sur leur innocente victime et promis d'emporter comme une preuve vibrante d'une vie après la mort, l'étrange trésor de l'étoile de mer. L'astre solaire, cependant, éperdu de chagrin, à puni sévèrement les pilleurs de mares. Aveuglant les yeux si fragiles, il a profité de leur cécité momentanée pour dérober le coeur diamant de sa bien aimée et l'accrocher au firmament, témoignage éternel de l'ardeur d'une étoile amoureuse du soleil. En épitaphe il a gravé ces quelques mots dans les brumes d'un nuage qui passait par là.

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« Ci-git ma bonne et douce étoile. A jamais nous voici réunis, je serai Soleil, roi protecteur des girouettes otages, tu seras bonne étoile, sainte patronne de toutes les victimes des terrestres calamités »

    La bonne étoile brille depuis, de jour comme de nuit. Les deux amants vivent toujours, en dépit des changements climatiques et ne comptent plus leurs innombrables descendants qui montent régulièrement s'accrocher au firmament.

Ainsi naquit ma bonne étoile, mollusque avachi, réincarné en étoile endormie au firmament d'un astre solaire amoureux d'une étoile mer. C'est du moins ce que je suis censée raconter aux éminents représentants de l'éducation internationale et virtuelle, ça promet !

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« Le mollusque avachi t'informe qu'il prévaut sur l'ordonnance de ta prochaine mise en veille...

- « Enfin, M'main ! Même sous hallucinogènes le plus grand des mythomanes n'inventerait pas de pareilles histoires

- « Ce n'est pas une histoire, c'est un conte, celui d'une étoile de mer amoureuse du soleil et non l'inverse, et puis c'est mon histoire, que tu le veuilles ou non

- « J'en déduis que tu es à la fois la main qui me guide, la bonne étoile, le goupillon pourfendeur de calamités, tu es quoi au juste ?

- « Tu me casses les pieds
- « Justement, en parlant de pieds, je suis toujours coincée dans mes godillots. Bonne étoile ou pas, peut-être pourrais tu faire quelque-chose...


 

Par Claude Hiquet
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Lundi 22 octobre 2007

botte-de-sept-lieux.jpg - « Voilà, voilà, ça vient, moi, bonne étoile, je rhabille de pied en cap. Un p'tit coup de sainte balayette et fini les calamités qui brisèrent dans les Alpes Bavaroises, la cheville du bon docteur Martens. Un peu de sommeil réparateur, puisque la nuit porte conseil et voici la géniale invention, la chaussure très laide mais très confortable, conçue dans de vieux pneus (d'où l'expression « c'est dans les vieux pneus qu'on fait les meilleures pompes »), et faite pour accompagner les binômes pédestres et claudiquant, quelle félicité ! Une petite filante d'années, et ces vilaines chausses, reconnues pour leur confort, le sont aussi pour leur laideur. Les laids, cheveux dressés à l'iroquois, multicolore flachi de préférence, perfecto usé et piercing craignos, marchent comme un seul homme chaussés de Doc Martens, trimbalant leur symbole social, préférant quelle insulte, la paix et l'égalité, au profit inégalé. Encore une petite filante et la marginalité n'a plus court mais les Docs restent. Des planches des music-hall au parvis du Vatican, en passant par les scènes rock and roll, hard rock, voire carrément star ac, les pieds les plus usés retrouvent une deuxième jeunesse et les bottes de sept lieues peuvent aller se rhabiller, même l'ogre pieds-nus a fini par bouffer le petit poucet pour lui piquer ses Docs.

- « Bravo ! Superbe exposé ! Et moi dans tout ça ?

- «
 Ah oui, j'oubliais... »

    Non plus un, donc, mais deux vilains, très vilains petits canards allaient claudiquant dans la cour de l'école maternelle. A coup de lacets éternellement défaits, à coup de pieds creux, à coups de bas en harmonie certaine avec leur laideur perpétuelle, ils évoluaient, lourds et gauches, dans un univers où, déjà, l'enfer des marques laissait poindre les premières flammèches d'un brasier que les prochaines décennies ne maîtriseraient plus.

    Objet de toutes les curiosités, des plus naturelles aux plus mesquines, les pieds de Claude Hiquet, recueillirent, tout au long des années de primaires, d'innombrables sobriquets. « Panards, péniches, pieds bot, pied de biche ou pied de cochon, voire carrément pied de poule ». Pour son entrée au collège, papa, décidément super cool, attribua à sa fille, une éminente responsabilité : se cirer les pompes, elle même. Aussitôt demandé, aussitôt fait, Claude Hiquet prit la décision de ne plus jamais, jamais, ne serait-ce qu'effleurer un tube de cirage ou une brosse à reluire. Désormais, la poussière serait le nouvel attribut de ses horribles avatars, une oeuvre sans précédent dans le monde du « crad ». Des semaines durant, Claude Hiquet traîna donc, non sans une certaine fierté, ses pieds atrophiés, dans les allées terreuses des squares en automne, dans la poudre rouge de la cour du collège, dans les tas de feuilles mortes, dans tout ce qui, de près ou de loin, s'apparentait à un nouveau moyen de grimer d'affreuses et orthopédiques chaussures. De mois en mois, les caches-pieds en question subissaient au quotidien, une démarche volontairement grunge, très stylée aux yeux du monde adolescent, à la limite de l'affront face à la société bien-pensante. L'hiver venu, le gel et la neige eurent raison d'une première et coûteuse paire de chaussures orthopédiques. Au nom d'un certain trou dans certaines caisses liées au remboursement des soins médicaux, on refusa à Claude Hiquet le financement d'une deuxième paire pour une seule et même année. Papa cool et maman poule eurent beau contester qu'une adolescente ne peut sans traumatisme psychologique grave, porter les mêmes et horribles godasses d'un bout de l'année à l'autre, rien n'y fit.

- « C'est comme ça ma brave dame, estimez-vous heureuse, outre-manche on n'a pas de sécurité sociale... »

    Telle fut l'unique et pauvre conclusion d'un agent stoïque et imperturbable face aux larmes de crocodiles de la troupe Hiquet. Ors, outre-manche, justement, la fureur laide envahissait sans vergogne les rues de Picadilly. Pour une paire de pompe, qui d'autre que Claude Hiquet pourrait se vanter d'avoir affronté les flots déchaînés ? Ni une ni deux, on laissa la verte adolescente sur le pont d'un navire. Papa cool et maman poule, très fiers de leur progéniture partie à l'aventure, chasser la mode des chausses à coques, se gargariseront longtemps d'avoir poussé leur déferlante hurlante vers les côtes voisines. Pensez-donc, un voyage linguistique, un apprentissage de la mer, le tout pour le prix modique d'une paire de chaussures décadentes et... D'une semaine de vacances... « Le pied » pensaient les heureux et prévoyants parents sans jamais chercher le mauvais jeu de mot. Nul ne sait encore à cette heure si Claude Hiquet prit son pied. Toujours est-il qu'elle revint, la semaine suivante, chaussée de Docs coquées. Sur les docks justement, on la repéra dés l'ancre jetée, à sa jolie teinte verte, assortie à la couleur de la mer et... de ses croquenots flambant neufs. Le mal de mer passé, une filante d'année s'écoula et Claude Hiquet ne quitta plus jamais ses chaussures orthopédiques, à la mode enfin, dans ce nouvel enfer des marques les plus laides.

    Ainsi chaussa t-on Claude Hiquet, à la mode s'il vous plaît, dissimulant pour un temps, les calamiteuses cavités de ses pieds creux

 

    " Voilà c'est comme ça que j'ai commencé de marcher droit, presque prête à rentrer dans le moule si tant est qu'un moule à ma mesure ait jamais existé, chaussée coquée, mais dégoulinant toujours d'un plume au supplice, d'une main en plein sevrage national, gouvernemental, excécrable...

    Ainsi chaussa t-on Claude Hiquet, à la mode s'il vous plaît... drmartin1.JPG

 


Par Claude Hiquet
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